Le dessin du Thunder D7 se distingue dâun profil Ă nervure mĂ©diane pleine: son centre est composĂ© de terres allongĂ©es qui se rejoignent visuellement en chevrons, mais restent sĂ©parĂ©es par les croisements entre sillons sinueux et dĂ©coupes obliques. Cette fragmentation crĂ©e une succession de petits chemins de charge plutĂŽt quâune poutre de gomme continue. Ă lâarrĂȘt, elle donne Ă la partie mĂ©diane davantage de libertĂ© pour Ă©pouser les irrĂ©gularitĂ©s locales du revĂȘtement, au prix dâune rigiditĂ© plus faible que celle dâune bande centrale monobloc.
Les quatre rainures principales et leurs ramifications inclinĂ©es dĂ©limitent des bandes de gomme relativement Ă©troites. Les changements de direction des sillons produisent notamment des Ă©tranglements et des pointes sur les Ă©lĂ©ments centraux. Ces contours augmentent la longueur totale dâarĂȘtes dans lâempreinte, mais rĂ©duisent la section de gomme disponible autour de certaines extrĂ©mitĂ©s. Les pointes sont donc plus mobiles que le corps des pavĂ©s et concentrent davantage les contraintes lorsquâun couple important est transmis.
Les Ă©paules adoptent une logique diffĂ©rente du centre. Leurs pavĂ©s rectangulaires sont rangĂ©s de maniĂšre rĂ©guliĂšre et restent assez rapprochĂ©s, ce qui conserve une quantitĂ© de gomme apprĂ©ciable prĂšs des bords de lâempreinte. Les fines entailles transversales divisent cependant la partie superficielle de chaque pavĂ© sans lâisoler complĂštement. Cette combinaison forme une Ă©paule relativement soutenue Ă sa base, mais plus souple dans ses premiers millimĂštres.
En roulage, les longs Ă©lĂ©ments obliques ne se compriment pas exactement dans lâaxe de la force appliquĂ©e. Au freinage ou Ă lâaccĂ©lĂ©ration, une partie de leur dĂ©formation prend donc la forme dâune torsion. La mise en charge peut paraĂźtre progressive, notamment lorsque les sollicitations longitudinales et latĂ©rales se combinent, mais les extrĂ©mitĂ©s aiguĂ«s risquent de sâarrondir plus rapidement que les parties larges des pavĂ©s lors dâun usage rĂ©pĂ©titif Ă fort couple.
Dans un virage soutenu, les entailles des pavĂ©s dâĂ©paule chargĂ©s sâouvrent lĂ©gĂšrement tandis que la base des pavĂ©s demeure guidĂ©e par leur implantation serrĂ©e. Cette articulation superficielle peut rendre la montĂ©e en effort moins brutale. En contrepartie, les lĂšvres situĂ©es de part et dâautre de chaque entaille ne parcourent pas exactement la mĂȘme distance dans lâempreinte; une conduite frĂ©quemment appuyĂ©e peut ainsi accentuer une diffĂ©rence dâusure entre leurs bords dâattaque et de fuite.
Le rĂ©seau central comporte plusieurs jonctions oĂč une rainure oblique rencontre un sillon longitudinal sinueux. Les minces cols de gomme voisins travaillent davantage en flexion Ă chaque passage dans lâempreinte. Cette gĂ©omĂ©trie Ă©vite quâun large Ă©lĂ©ment central se comporte comme une masse unique, mais elle localise une partie de lâĂ©chauffement mĂ©canique et peut accĂ©lĂ©rer le polissage des angles les plus fins. Le Thunder D7 prĂ©sente ainsi un compromis trĂšs identifiable: une sculpture riche en Ă©lĂ©ments dĂ©formables et en contours obliques, opposĂ©e Ă la rigiditĂ© uniforme dâun dessin composĂ© de nervures continues.