Lâempreinte du Nordman 8 SUV est dĂ©coupĂ©e en une succession de chevrons sans bande mĂ©diane continue. Sur un sol dur, cette architecture laisse moins de gomme continuellement porteuse quâune sculpture Ă nervure centrale: la pression se rĂ©partit entre les sommets de blocs et leurs angles, avec des gradients plus marquĂ©s Ă lâentrĂ©e et Ă la sortie de lâempreinte. La rĂ©pĂ©tition symĂ©trique des Ă©lĂ©ments obliques conserve toutefois des caractĂ©ristiques mĂ©caniques comparables des deux cĂŽtĂ©s du plan mĂ©dian.
Les lamelles transversales et diagonales divisent la surface des blocs en bandes de gomme Ă©troites. Sous la charge verticale, ces bandes Ă©pousent plus facilement les petites irrĂ©gularitĂ©s du sol quâun pavĂ© plein. En contrepartie, les extrĂ©mitĂ©s des lamelles constituent des zones de concentration des contraintes dans la gomme, particuliĂšrement lorsque celle-ci subit de nombreux cycles de flexion.
Les rainures qui sĂ©parent les Ă©paules interrompent fortement leur surface de contact. Chaque bloc extĂ©rieur peut donc prendre une part lĂ©gĂšrement diffĂ©rente de la charge selon le carrossage et la forme de lâempreinte. Cette segmentation limite la formation dâun anneau dâĂ©paule entiĂšrement solidaire, mais augmente la pression sur certains angles de blocs lorsque le vĂ©hicule sollicite fortement le bord du pneu.
En roulage, lâinclinaison des chevrons fait entrer les arĂȘtes dans lâempreinte de façon progressive plutĂŽt que par rangĂ©e transversale unique. Les composantes latĂ©rales produites par les blocs obliques se rĂ©pondent de part et dâautre de lâaxe, ce qui rĂ©duit leur tendance Ă imposer une dĂ©rive permanente en ligne droite. La rĂ©pĂ©tition rĂ©guliĂšre des V peut nĂ©anmoins gĂ©nĂ©rer des pulsations de contact perceptibles sur une chaussĂ©e lisse, surtout lorsque la vitesse fait coĂŻncider leur frĂ©quence de passage avec une rĂ©sonance du vĂ©hicule.
Lâabsence de nervure centrale continue impose aussi des transferts successifs entre les blocs imbriquĂ©s. Sur revĂȘtement sec et relativement chaud, leurs faibles mouvements relatifs peuvent rendre les premiĂšres corrections de volant moins instantanĂ©es quâavec un bandeau mĂ©dian plein. Ces dĂ©formations rĂ©pĂ©tĂ©es, additionnĂ©es Ă lâouverture et Ă la fermeture des nombreuses lamelles, dissipent davantage dâĂ©nergie dans la gomme.
Les points de cloutage interrompent localement la couronne des blocs. Autour de chaque logement, lâĂ©paisseur de gomme disponible pour reprendre les efforts est moins homogĂšne; les accĂ©lĂ©rations, freinages et impacts sur chaussĂ©e dĂ©gagĂ©e peuvent donc concentrer lâusure sur le pourtour des logements. Le passage rĂ©pĂ©tĂ© des inserts mĂ©talliques produit Ă©galement une excitation vibratoire plus sĂšche que celle des seuls blocs de gomme, mĂȘme si leur rĂ©partition entre plusieurs rangĂ©es Ă©vite de concentrer tous les impacts au centre.
Enfin, les Ă©paules segmentĂ©es supportent les efforts de virage par blocs successifs. Lorsque lâappui latĂ©ral devient important, les angles extĂ©rieurs peuvent subir un frottement tangentiel supĂ©rieur au centre des pavĂ©s, avec un risque dâarrondissement des arĂȘtes ou dâusure en escalier au fil des kilomĂštres. Ce phĂ©nomĂšne est particuliĂšrement liĂ© Ă la combinaison, propre Ă ce dessin, de blocs dâĂ©paule sĂ©parĂ©s, de coupes transversales et de nombreuses entailles fines.