La sculpture se lit comme une architecture à cinq bandes longitudinales dont les rigidités ne sont pas homogènes. La partie médiane est étroite et seulement interrompue par de petites encoches, alors que les rangées qui la bordent sont davantage découpées en éléments allongés. Aux extrémités, les volumes de gomme deviennent nettement plus importants et forment des épaules presque annulaires, mais ponctuées de découpes transversales peu profondes.
Cette hiérarchie donne au profil une forte dominante longitudinale: les éléments restent beaucoup plus longs dans le sens de roulement que dans le sens transversal. La faible densité d'entailles laisse de grands ponts de gomme entre deux découpes, particulièrement au centre et sur les épaules. La sculpture dispose donc de peu de petites lèvres mobiles et repose surtout sur la cohésion de ses bandes et de ses pavés allongés.
Le contraste entre la nervure médiane étroite et les épaules plus volumineuses mérite une attention particulière. La première possède une section transversale réduite et des amorces de flexion créées par ses encoches; les secondes opposent davantage de matière à la déformation, tout en utilisant leurs fines coupures comme articulations locales. Sous charge, ces deux familles d'éléments ne travaillent donc ni avec la même amplitude ni avec le même délai de mise en appui.
Les épaules arrondies évitent une rupture géométrique nette à la limite de la bande de roulement. Quand l'empreinte se décale latéralement, la prise en charge des efforts se déplace progressivement vers les pavés périphériques. Cette transition douce privilégie une montée en charge graduelle plutôt qu'une réaction très incisive. En contrepartie, un conducteur recherchant une réponse immédiate au premier mouvement de volant pourra percevoir moins de mordant initial qu'avec une épaule plus carrée.
La faible lamellisation et la continuité des bandes correspondent à un usage sur revêtement dégagé et à température clémente. Sur neige tassée ou par grand froid, le nombre réduit d'arêtes fines et la faible aptitude des éléments massifs à épouser les aspérités deviennent des limites intrinsèques du dessin. Les petites encoches centrales constituent par ailleurs des zones où les contraintes peuvent se concentrer au fil des cycles, avec un risque de polissage localisé de leurs lèvres avant que le reste de la nervure ne présente le même aspect.