L’architecture du Proxes R39 repose sur une forte anisotropie mécanique. Les éléments centraux, sensiblement plus longs que larges, présentent une section résistante importante dans le sens circonférentiel mais un bras de flexion plus faible transversalement. Ils constituent donc un support ferme pour les efforts longitudinaux, tandis que les épaules semi-continues doivent reprendre une part plus importante de l’effort lorsque la charge se déplace latéralement.
La proportion de gomme porteuse reste élevée: les séparations entre rangées sont étroites et les grandes ouvertures transversales sont rares. À l’arrêt, cette géométrie donne une empreinte peu morcelée et limite les concentrations de pression autour de blocs isolés. Elle rend toutefois chaque rangée plus sensible à sa propre charge verticale; une légère différence de sollicitation entre le centre et les bandes intermédiaires peut ainsi produire des vitesses d’usure distinctes d’une rangée à l’autre.
Les extrémités des fines incisions laissent subsister des ponts de gomme. Ceux-ci empêchent les pavés de se comporter comme une succession de languettes totalement indépendantes et conservent une certaine cohésion structurelle. En contrepartie, le fond de chaque incision forme une zone de concentration des contraintes: les cycles répétés peuvent y favoriser un polissage local ou de petites amorces de dégradation avant que le reste du pavé ne soit fortement usé.
Les épaules arrondies et presque continues apportent une transition graduelle entre la zone centrale chargée en ligne droite et la partie extérieure sollicitée en courbe. Cette progressivité évite un transfert brutal vers une rangée de gros blocs périphériques. Elle s’accompagne cependant d’une réserve de rigidité latérale moins élevée qu’avec une épaule large, carrée et peu découpée.
Enfin, la répétition très ordonnée de modules rectangulaires similaires peut produire une signature vibratoire assez concentrée dans certaines fréquences. Les multiples petites découpes perturbent partiellement cette périodicité, mais la faible variation apparente des longueurs de pas laisse davantage de potentiel à une tonalité régulière qu’un dessin utilisant des blocs de tailles nettement alternées.